Accueil | Coucou c'est nous ! | Notre projet | Notre équipement | Préparatifs | Photos | Ecrivez-nous | Liens | Connexion
Une image au hasard

Argentine1 9

Derniers commentaires
Pas de commentaire
Etape de rodage
Etape de rodage
Passages en bateau
Europe - Amérique du Sud
Amérique du Sud - Europe
Europe - Amérique du Nord
Amérique du Sud
Argentine
Chili
Brésil
Uruguay
Bolivie
Pérou
Equateur
Colombie
Amérique Centrale
Guatemala
Mexique
Amérique du Nord
Etats Unis
Canada
Océanie
Australie
Nouvelle Zélande
Afrique
Afrique du Sud
Nombre de visiteurs

Carnet de Voyage

ALASKA (du 31/07 au 27/08/2009)

 

Déjà le nom en fait rêver plus d’un… Et que ce nom est joli et chantant même si ses trois syllabes ne contiennent que des A et pourraient donner à penser qu’il manque de mélodie. Mais, non. Sa première syllabe avec son « A » exclamatif, donne le LA pourrait-on dire ; la seconde avec son « L » qui arrive furtivement comme un léger coup d’aile auquel un « A » suave et un « S » somnolant et traînant donnent la consistance nécessaire ; enfin, la dernière syllabe, avec un « KA » pétant et bref met tout de suite l’esprit en éveil : Ah-lAasssss-KAH. Qu’on le veuille ou non, ce nom a quelque chose d’enchanteur.

 

0001_alaska.jpg


L’Alaska, la « Russie d’Amérique » comme on l’appelle encore dans certaines de ses contrées eh oui, c’est vrai, l’Alaska est une toute jeune américaine.

 

Cette contrée du monde, d’abord prise pour une île, a commencé à intéresser les Européens (Espagnols, Anglais, puis en dernier les Français) dès le début du 16ème siècle. A cette époque l’Alaska était un territoire indien et occupé par les Indiens, comme le reste du continent américain d’ailleurs. Les premiers qui y vinrent le firent pour établir une cartographie de la région et découvrir des passages entre Pacifique et Atlantique.

 

Les Russes, quant à eux, y arrivèrent au début du 18ème siècle. A l’époque, ils ne connaissaient pas vraiment les limites territoriales de leur Russie.

 

Tous ces envahisseurs ne tardent pas découvrir « l’or » de la région : les peaux de bêtes, aussi bien des animaux marins, surtout les loutres, que des animaux terrestres. A l’époque ce sont principalement les Chinois qui achètent leur « butin » et qui l’achètent cher.

 

0004_loutre.jpg

 

Tous ouvrent des comptoirs commerciaux de l’Alaska à la côte californienne, ainsi que dans les différents groupes d’îles et notamment dans les Aléoutiennes pour les Russes. Ce sont les Russes qui ont le plus fait pour s’installer dans cette région et qui y dominent avec l’implantation de colonies. Bref, ils s’approprient l’Alaska. On y construit des villes où l’Eglise Orthodoxe est là pour aider ou encourager à rester dans cette froide contrée et si loin des siens.

 

0005_marchand_fourrures.jpg


Après 122 ans de la présence massive des Russes et de leurs trappeurs dans la région, la fourrure ne rapporte plus autant et, pour cause, il n’y a plus de bête ou presque plus… De même, les 25 000 Aléoutes présents à l’arrivée des Russes, ne seront plus que 3 500 après ces 122 années… Anglais, Espagnols et Français, ne s’y sont pas comportés comme des petits saints non plus…No comment.


0003_famille_esquimaux.jpg


Après les fourrures, c’est la glace qui fit marcher les affaires, il faut dire qu’elle ne manquait pas dans la région et la Californie en était très gourmande. Mais cela ne suffisait pas et l’on n’en doute pas un instant. Alors, on passa de la chasse aux phoques à la chasse aux baleines et il y avait dans le secteur de quoi faire, de quoi se refaire et de quoi se satisfaire. En 1840, pas moins 300 baleiniers croisaient dans les eaux de l’Alaska.

 

0002a_bateau.jpg


Après les années 1850, certains commencent à mettre en avant les richesses naturelles du territoire : l’or et le charbon et les Russes connaissaient l’existence de ces gisements. Malgré cela, ils décident, en 1857, de vendre l’Alaska aux Américains car ils se rendent bien compte, et la guerre de Crimée leur a démontré, qu’ils ne pourraient pas assurer la défense de ce territoire en temps de guerre car beaucoup trop éloigné du pays.

 

Chose étonnante, les Américains font la fine bouche, mais, quand même, en 1859 ils font une offre de cinq millions de dollars. Les Russes voulaient sept millions deux cent milles dollars (sûrement pour les donner aux Indiens !). Les politiciens Américains n’étaient absolument pas « chauds » pour investir dans le froid. C’était sans compter sur la ténacité de William Henry Seward, Député de Floride au moment de l’annonce de la vente et ensuite Secrétaire d’Etat aux Relations Extérieures de 1860 à 1869.

 

Puis la Guerre de Sécession est arrivée et les négociations n’ont pu reprendre qu’en 1867 et c’est H. Seward qui les mena et qui eut bien du mal à convaincre le Sénat, mais il y parvint et obtint enfin sa ratification le 20 Juin 1867. Et le 18 Octobre 1867, la garnison Russe fut relevée, le drapeau emporté et l’Alaska est devenue officiellement américaine pour sept millions deux cent mille dollars.

 

0006_vente_alaska.jpg


Il ne fallut pas beaucoup de décennies pour que les trésors de l’Alaska soient découverts. Outre l’or et le charbon, le gaz et le pétrole y sont présents en grande quantité. D’autres minerais y sont également présents et pas des moindres : le cuivre, le chrome, le zinc, le molybdène, l’argent, le platine, le nickel et l’uranium. Si l’étendue de ces gisements est encore mal connue, leur importance est bien réelle. L’Océan aussi est une richesse importante pour l’Alaska où l’industrie de la pêche est florissante. Et tout est loin d’être découvert, d’où la devise de l’Etat : « Cap au Nord vers le futur »…

 

Par contre, il lui aura fallu bien du temps et vivre bien des péripéties avant de pouvoir rejoindre la Confédération et enfin devenir, le 3 janvier 1959, le 49ème Etat des USA, et avoir son étoile sur la bannière étoilée.

 

L’Alaska n’a aucune frontière avec un autre état américain.

 

Et pour les touristes et les aventuriers, l’Alaska c’est 1 717 854 km2 ; trois millions de lacs ; 5 000 glaciers et champs de glace ; 54 000 kilomètres de côtes ; 1 800 îles ; 48 millions d’hectares de forêts ; 12 grands fleuves, mais 3 000 cours d’eau ; 14 des plus hautes montagnes des USA ; des volcans actifs et tellement d’animaux et c’est surtout 687 000 habitants qui ne se marchent pas sur les pieds !

 

Seulement, il faut y arriver car c’est vraiment très, très loin de tout. Et pourtant, c’est simple, il nous a suffit de traverser le fleuve Yukon à Dawson City (Canada), rouler environ 100 kilomètres et la frontière avec l’Alaska était là.

 

2891_top_of_the_world_hwy.jpg


Jamais frontière ne nous aura semblée aussi éloignée, esseulée et amicale. Une simple petite baraque en bois pour deux grands pays, deux drapeaux, deux hommes chaleureux et souriants sur le pas de la porte qui n’ont fait que regarder nos passeports et nous ont laissé passer ; on étaient seuls nous aussi, mais…. on y changeait d’heure !

 

La route que l’on prend à la descente du ferry pour aller jusqu’à Chicken s’appelle « the Top of the World Highway ». Et il est coutume de dire dans la région ;: « j’ai fait the Top of the World Highway et j’y ai survécu » ! Nous l’avons fait et nous y avons survécu ! Elle est ainsi nommée car son parcours est tracé sur la crête des collines ce qui permet de dominer les vallées. Cette route est ouverte seulement de mi-mai à mi-septembre. Elle ne présente aucun danger si l’on tient compte des conditions climatiques.

 

2901_top_of_the_world_hwy.jpg


La route est une jolie piste bien damée entourée d’une forêt de petits conifères très courts sur pattes et très aérée. Hélas, des incendies sévissent dans la région et nous sommes pas mal enfumés-embrumés. De même, sur notre parcours, nous pouvons voir les méfaits des incendies passés. Ce sont les orages, le plus souvent, qui sont responsables de ces incendies. Mais la nature va très vite et si les squelettes des arbres sont bien rabougris et bien noircis, les fleurs et les plantes de la saison forment des sous-bois pimpants et plein et fraicheur.

 

2944_top_of_the_world_hwy.jpg


Pas grand monde sur cette route et même pas de monde du tout pour ce qui nous concerne et pourtant nous l’avons faite en plein été. C’était pas le bon jour pour les rencontres. Sur notre parcours, tout de même, un petit hameau (une ou deux maisons ?) avec pompes à essence, mais là encore n’avons pas vu un chat bien que nous nous soyons arrêtés.

 

2898_top_of_the_world_hwy.jpg


Et puis, et puis, la ruée vers l’or du Klondike, elle arrivait jusqu’ici et elle continue de faire des adeptes. Nous avons été plus qu’étonnés par la « gymnastique » d’un chercheur d’or dans un petit ruisseau qui bordait notre route à un certain moment. L’homme revêtu d’une combinaison complète, le tuba dans la bouche relié à un compresseur à air comprimé sur une petite barque, barbotait dans l’eau. Nous sommes restés un petit quart d’heure pour voir ce qui allait se passer. On aurait bien aimé lui parler et savoir si sa « pêche » était bonne ! Que dalle. Il n’a pas bougé d’un poil et ne nous a même pas vu. Le Scribe était à deux doigts d’aller lui taper sur les fesses ce qui aurait été facile car la rivière était si peu profonde qu’il avait les fesses hors de l’eau, mais ça ne se fait pas ! En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il était possédé par la « Fièvre de l’Or » !

 

2904_top_of_the_world_hwy.jpg


Un peu plus tard, le paysage devient plus verdoyant car l’incendie n’a pas sévi ici, et une belle rivière aux abords bien colorés s’écoule très paisiblement. Tout est paisible dans ces premiers paysages d’Alaska que nous découvrons. Dommage que ce joli décor soit, lui aussi, enveloppé par les fumées des incendies qui brûlent toujours un peu plus loin.

 

2910_top_of_the_world_hwy.jpg


Ainsi, paisiblement, nous arrivons au petit hameau de Chicken qui lui est loin d’être paisible ! Pensez donc, avec ses 21 habitants l’été, contre 6 l’hiver, cela fait du bruit tout ce petit monde. En plus, s’y ajoutent les touristes du camping qui doivent bien être une petite vingtaine !

 

2923_chicken.jpg


Chicken est né au début des années 1900. Ce sont des chercheurs d’or qui, après avoir trouvé un filon dans cet endroit, créèrent un semblant de village. Ensuite, il fallait bien donner un nom à ce village. L’endroit regorgeait de « ptarmigans » (nom en anglais du lacopède) et les mineurs décidèrent d’appeler ce village « Ptarmigan ». Mais, pas si simple finalement, car ils étaient loin d’être tous d’accord sur l’orthographe du nom. Alors, ils n’ont pas hésité une seconde et pour rester avec l’idée du nom d’un volatile, pour le nom de leur village, ils ont choisi « Chicken » dont l’orthographe ne posait pas de problème. A quoi ça tient, le nom d’un village au royaume du Far West !

 

2913_chicken.jpg


Chicken, c’est le monde du surréalisme. Quand on arrive et que l’on voit cette énorme pancarte détourée représentant un poulet tout nu et orange, on croit quand même rêver. La vision suivante c’est trois commerces collés les uns autres : un restaurant, une boutique-café et un saloon ainsi que deux pompes à essence. Le décor intérieur de l’ensemble vaut son pesant de cacahuètes. Soit, tous les murs et le plafond sont tapissés de caquettes ; soit de cartes de visites et écussons divers ; soit encore de bouteilles ! Le décor extérieur n’est pas en reste !

 

2922_chicken.jpg


Mais ce qui est plaisant c’est l’accueil que l’on y reçoit. Les gens sont absolument adorables et font tout pour que notre séjour dans leur village soit inoubliable. C’est parfaitement réussi.

 

2916_chicken.jpg


Après cela, il y a le camping où les gros monstres américains et canadiens n’impressionnent même pas notre petit Jules. Au camping, il y a une boutique/restaurant. Le restaurant ne fonctionne qu’au micro-onde alors c’est du genre plat unique ou presque : Hamburger Jambon, Hamburger Beef et Hamburger Dinde. Pas de frites mais toutes sortes de chips et le congélateur à cornets de glace est bien garni ! Nous, on a eu du mal à manger à notre faim ici…

 

2928_chicken.jpg


Pour la boutique c’est autocollants, porte-clés, tee shirts, polaires, casquettes et de la poudre d’or. Pas de quoi faire de folles dépenses. A propos de l’or, on peut aller faire une expérience « chercheur d’or » à Chicken, il suffit de louer une batée à la boutique. Nous ne l’avons pas fait.

 

Quant aux maisons des habitants, elles sont peu visibles car dispersées dans la forêt et pas tout près des boutiques. Par contre, nous n’avons pas loupé le charmant petit cabanon « Post Office », avec comme décor une brouette fleurie et, bien sûr, le gallinacé en céramique à côté de la porte.

 

2930_chicken.jpg


Pour les six habitants qui restent tout l’année à Chicken les hivers doivent être bien longs et on se demande comment il est possible de vivre ici sans voir personne ou presque pendant des mois avec des nuits qui durent. Cela dit, il y a un petit aéroport à Chicken.

 

Nous avons eu, ici aussi, toutes ces fumées des incendies, c’était vraiment impressionnant et gênant. Le soir, le coucher du soleil était complètement voilé par la fumée.

 

2926_chicken.jpg


Dans ce village, on aime beaucoup jouer sur les mots et alors les hommes deviennent des « Roosters » (Coqs) et les femmes des « Hens » (Poules). Eh oui mes Cocottes, c’est comme ça que l’on dit ici.

 

Chicken c’est chouette, c’est le far west ou plutôt le « far north » !

 

2261aa.jpg

 

En quittant Chicken, nous ne quittons pas les fumées à tel point que cela commence à nous faire tousser et pourtant ces incendies sont très loin de nous. Il nous faudra un bon moment avant de respirer un air sans fumée et avoir des paysages clairs.

 

2959_alaska_highway.jpg


En fait, une fois que nous avons quitté la route de crêtes pour prendre l’Alaska Highway, en direction de Fairbanks, nous finissons au fil des kilomètres par sortir de ces fumées, mieux respirer et voir le vrai visage des paysages.

 

Très vite, l’Alaska nous montre qu’effectivement les marais et rivières sont très présents sur son territoire. Les marais aux eaux sombres, sur ce parcours, sont bien souvent des petits bras de rivières qui vont s’égarer un peu partout au-delà du fleuve principal. Chaque fois c’est miroitant, la lumière y est importante et l’éclat est partout malgré le ciel gris. Autour de ces plans d’eau, les animaux sont présents ; nous avons enfin vu notre premier orignal, dommage c’était une fille et elle était très trouillarde et s’est sauvée très vite. (le Scribe devient macho). En plus, elle était très timide et nous a caché ses jambes !

 

2983.jpg


Les fleuves sont tout particulièrement beaux quand ils envahissent le paysage en formant des deltas importants dans lesquels des îlots forestiers de toutes les tailles constituent une partie du décor. Dans d’autres endroits, ce sont des troncs d’arbres bien assemblés en paquets qui font office d’îlots.

 

2986_alaska_highway.jpg


Et ces fleuves, quand ils ont fini de « folâtrer » au gré de leur fantaisie et qu’ils retournent s’installer gentiment dans leur lit, ils sont étonnants par leur taille finalement ramenée à celle d’une simple rivière très paisible cernée par la forêt.

 

2994_alaska_highway.jpg


Ces beaux paysages nous accompagnent jusqu’à Fairbanks.

 

Fairbanks (35 000 habitants – l’agglomération 97 500 habitants)

 

Fairbanks : the Golden Heart (le coeur doré) de l’Alaska, ainsi été nommée Fairbanks à la grande époque de la ruée vers l’or. ! Eh oui, Fairbanks est née de l’OR. Cette ville, née en 1901, était à l’époque un comptoir marchand. C’est la découverte de l’or, en 1902, qui la fit réellement naître. Elle doit son nom à Charles W. Fairbanks, Vice Président des Etats-Unis au côté de Théodore Roosevelt.

 

3011_fairbanks.jpg


La ville est située au bord de la rivière Chena laquelle est bien la seule à lui donner un semblant de charme. Sinon, cette ville, la deuxième de l’Etat, ne présente pas beaucoup d’intérêt. Son architecture est réduite à sa plus simple expression. Ces choses désagréables étant dites, Fairbanks se rattrape largement avec la bonne atmosphère qu’elle dégage et sa jeune population. Il est très agréable de se promener dans ses rues où l’on se sent vraiment très loin de chez soi. Dans son centre, tout ce qu’il faut pour les touristes est bien là mais pas de façon outrancière.

 

Les indiens ont fait de beaux modèles pour les sculpteurs mais on en voit très, très peu…

  3004_fairbanks.jpg


Aujourd’hui, Fairbanks reste une place commerciale importante d‘Alaska. C’est ici, aussi, qu’est installée « l’University of Alaska » qui compte plus de 8 500 étudiants dont près de 3 000 sont tournés vers les spécialités arctiques. C’est aussi une ville où le monde militaire représente 25 % de la population.

 

Fairbanks a été largement partie prenante dans la construction du grand pipeline « Trans Alaska Pipeline » qui passe à sa porte. Sa construction a duré de 1974 à 1977. Ce « gros tuyau » qui part du gisement de Prudhoe Bay pour arriver à Valdez, ne fait pas moins de 1 287 kilomètres de long. Sa construction a été une aubaine pour la cité et c’est 16 000 ouvriers qu’il a fallu nourrir et héberger. Et aujourd’hui, il faut nourrir et héberger les touristes qui viennent voir ce « gros tuyau » !

 

2999_fairbanks.jpg


Une bonne nuit sur le parking du supermarché et c’est reparti pour une nouvelle découverte, et pas des moindres, puisque la prochaine étape c’est Denali National Park.

 

Denali en Alaska c’est un parc national mais c’est aussi une faille. Bien que moins connue que la faille de San Andreas, probablement parce que la zone est presque inhabitée, la faille de Denali est beaucoup plus importante et tout autant inquiétante, si ce n’est plus. Cette faille en arc de cercle, de près de 1 600 kilomètres, s’étend de la mer de Béring jusqu’aux environs de Glacier Bay après avoir traversé, « sournoisement » si l’on peut dire, tout le Parc Denali. Les spécialistes pensent que la Chaîne de montagnes de l’Alaska a pu naître grâce à cette faille. Cette chaine de montagnes est jeune mais grande puisqu’elle fait plus de 900 kilomètres tout en suivant l’arc de cercle de la faille et atteint plus 200 kilomètres dans sa grande largeur. Elle est imposante aussi puisqu’elle comporte quelques uns les plus hauts sommets de l’Amérique du nord.

 

C’était pour vous mettre en appétit ! Maintenant pour atteindre ce parc, nous avons encore un p’tit bout de route à faire. Mais que de la belle route qui nous permet d’apprécier de beaux paysages de toundra très colorés et d’oublier le gris du ciel.

 

3060_parks_highway.jpg


Plus nous avançons en direction de Denali plus les montagnes prennent de la hauteur et encore on ne voit pas tout car les nuages viennent cacher les sommets. Dans la toundra les fleurs sont dans le décor et donnent l’éclat au paysage.

 

3065_parks_highway.jpg


A l’approche de Denali, nous retrouvons un beau ciel bleu. Chanceux, nous sommes !

 

Denali National Park

 

Le naturaliste, Charles Sheldon, découvrit cette région de l’Alaska en 1906 et il s’y installa plusieurs saisons pour ses études. Il fut fasciné par la beauté des lieux et peut être plus encore par la richesse et l’importance de sa faune. Il dépensa beaucoup d’énergie pour que toute cette région devienne un parc national. C‘est chose faite et, aujourd’hui, pour une superficie beaucoup plus importante qu’il n’avait espérée. Le Denali National Park c’est 2,4 millions d’hectares. Il est situé à 400 kilomètres du cercle arctique.

 

Mais le Denali, pour son bien, est frustrant car il n’est pas autorisé aux véhicules particuliers et se découvre soit par de longs treks, soit par des navettes. Nous avons choisi navettes et petits treks.

 

3159_denali_park.jpg 

Dès qu’on y entre dans ce parc on est sous le charme et on a qu’une envie c’est vite à partir à sa découverte en espérant que la météo sera bonne pour jouir du spectacle des montagnes enneigées.

 

Nous nous installons pour trois jours dans un des campings, c’est-à-dire dans la forêt, c’est le seul hébergement possible dans le parc.

 

Et puis, comme tout le monde, nous prenons la navette pour visiter. L’altitude au départ est d’environ 500 mètres. Les premiers paysages sont composés, d’abord par la taïga (Forêt basse et clairsemée de conifères).

 

3113_denali_park.jpg


En prenant de l’altitude, c’est la toundra (formation végétale discontinue comprenant des graminées, des mousses et des arbres nains, des bouleaux notamment), et les grizzlis semblent apprécier cet environnement, dommage, ils sont un peu loin.

 

3141_denali_park.jpg


La toundra c’est riche en couleurs, la gamme peut passer du jaune clair au vert foncé en nous mettant toute la gamme savamment dégradée. Ici, la montagne prend la relève pour compléter le paysage et elle aussi affiche les couleurs qui complèteront le tableau mieux qu’un artiste. La dernière main est mise par Dame Nature qui met ici et là de petits bouquets de fleurs. Tout simplement superbe, empreint de sérénité, et le chemin est très court pour arriver à l’état contemplatif.

 

3183_denali_park.jpg


Ensuite, la vedette du parc, fini par apparaître : elle est belle, massive et éblouissante de blancheur, c’est le Mont McKinley. En fait, ce sont deux sommets qui se regroupent sous ce nom, les pics Churchill : le pic sud de 6194 mètres (c’est le point culminant du continent nord américain) et le pic nord de 5934 mètres. Ce massif est vraiment impressionnant car la chaîne de montagnes environnantes ne dépasse que très rarement les 2000 mètres et ne lui vole pas la vedette. Nous avons beaucoup de chance, car cette majestueuse montagne aime particulièrement à se montrer nimbée de nuages, mais pour notre visite, le ciel et bleu.

 

3149_denali_park.jpg


Après cela, un col, un virage et la distance aidant, les massifs ont disparus de notre vue, masqués par la chaîne de l’Alaska qui ici se pointe à près de 1800 mètres d’altitude. Qu’elle est belle aussi toute cette chaine de montagnes. Parfois, ce sont des sommets bien piquants, à d’autre moment c’est travaillé dans la douceur avec des rondeurs sur lesquelles la taïga s’épanouit tout en vert. Très beau…

 

3186_denali_park.jpg


Dans ces paysages, il y a aussi, bien sûr, les rivières. Ce sont des rivières glacières. Elles ont de très larges lits, mais en cette saison, ce ne sont que de petits ruisseaux qui s’y prélassent et servent d’abreuvoir.

 

3195_denali_park.jpg


Plus nous montons et plus c’est beau. La piste est davantage fantaisiste et ses virages font des boucles plus serrées et cela met du suspens car on a hâte d’être de l’autre côté de la boucle où, on le sait, ce sera plus beau encore, et c’est toujours vrai. Et c’est encore plus vrai lorsque qu’au détour d’une de ces boucles, nous arrivons au col Polychrome (1210 mètres) et que nous découvrons subitement des massifs très colorés, presque violemment colorés.

 

3203_denali_park.jpg


Ce bel intermède en couleurs durera quelques kilomètres, puis les choses se calment tout doucement. De même, le ciel, lui aussi, se fatigue d’être bleu intense car la constance n’est pas son fort dans ces régions. Pour nous, tant qu’il ne bouche pas l’horizon, il peut choisir la couleur qui lui chante le mieux !

 

3322_denali_park.jpg


Et puis, et puis, il revient, le Mont McKinley, il est là tout au bout du chemin et il est très beau, même si, dans l’espace, il est moins net que ce matin. Quelle belle montagne.

 

3254_denali_park.jpg


Le ciel qui grisouille commence quand même à devenir bien gênant quand nous arrivons au petit étang « Reflexion Pond » qui n’est autre que le miroir du McKinley. Pas génial du tout, du tout….

 

3279_denali_park.jpg


Mais c’est pire encore quand nous arrivons au Wonder Lake, c’est la même trombine et peut être même que c’est « plus pire ou pire plus ». Pour la vue merveilleuse sur la montagne c’est « même heure l’année prochaine » et pour le magnifique lac miroitant, c’est kif-kif !

 

3281_denali_park.jpg


Bon, on ne va pas se plaindre, il paraît que c’est extrêmement rare de pouvoir admirer cette montagne en entier, donc nous avons eu beaucoup de chance.

 

Maintenant, il n’y a plus qu’à redescendre. Au fil de la descente nous avons fini par retrouver du ciel beaucoup moins chargé et avons pu encore une fois jouir des merveilleux paysages de ce parc.

 

3344_denali_park.jpg


Le Denali c’est aussi beaucoup d’animaux et, de ce côté là, nous avons été gâtés et avons pu voir des mamans grizzlis et leurs bébés, des caribous (garçons et filles) en quantité, Madame Orignal, des petits rongeurs, des rapaces, des oiseaux aquatiques et tout plein d’autres oiseaux.

 

Nous avons passés les deux autres journées à faire de petites balades dans le bas du parc. Nous avons essayé de « chasser » l’ours, mais en vain : trop de monde probablement…

 

Pour notre première soirée au Denali, le ciel était bien gris, certes, mais qu’il était généreux en luminosité.

 

3370_denali_park.jpg


Le Denali est un parc inoubliable et sublime. Finalement, on comprend bien qu’il soit autant protégé et, pour finir, on espère qu’il le restera car la nature et les animaux le méritent grandement.

 

Quand on sort du Denali, on se sent vraiment très bien. Tout y est tellement beau et pur. C’est un peu comme si l’on sortait d’une période de retraite...

 

3373_denali_park.jpg


Après ces trois belles journées, nous partons en direction de Anchorage en empruntant la Parks Highway pour 380 kilomètres. La nature sauvage de l’Alaska est encore bien présente sur cette route et les beaux paysages du Denali ne sont pas arrêtés à ses portes. Montagnes, taïga et rivières sont sur la route chacune leur tour et parfois mêmes toutes ensemble.

 

3040_parks_highway.jpg


Si le temps de la matinée a été plutôt beau, la fin de journée aura été éclatante de lumière sous la grisaille. On le redit, le gris dans ces contrées fait toute la beauté du paysage et surtout le temps du gris c’est le moment choisi pour le grand jeu artistique des trois éléments qui caractérisent le plus l’Alaska : l’ombre, la lumière et le reflet. C’est toujours somptueux d’autant qu’il faut imaginer, quand on y est pas, l’ampleur du paysage et l’ampleur aussi donc prend part au jeu.

 

3078_parks_highway.jpg


Mais dès que les frémissements de la grande cité sont perceptibles, tout change et cela nous semble bien brutal cette sortie de la nature pour arriver dans cette grande ville. Nous y arrivons le soir et donc, direct le parking d’un supermarché pour la nuit. 

 

Anchorage (283 000 hab.)

 

C’est le train qui a fait naître cette ville, grâce à une liaison ferroviaire entre le port de Seward et Fairbanks ainsi qu’aux gisements d’or de la vallée de la Tanana. Le Centre de ravitaillement installé en 1915 pour la construction de la voie ferrée est vite devenue la ville d’Anchorage. Pendant la construction la ville comptait 7 000 habitants, nombre qui fut ramené à 2 000 environ quand la voie ferrée fut terminée.

 

3428_seward_highway.jpg


Après l’attaque de Pearl Harbor, deux bases militaires y furent installées et la population est montée à près de 6 000 habitants. Ensuite, est arrivée la construction de l’Alaska Highway et, là encore, il y eut un boom de la population dont le chiffre atteint les 40 000 après la guerre. Il ne manquait plus que l’aéroport et il est arrivé en 1951. Anchorage avait donc tout ce qui est essentiel pour devenir une ville qui compte.

 

3102_anchorage.jpg


Et elle compte, c’est la plus grande ville de l’Alaska bien qu’elle n’en soit pas la capitale. Pas loin de la moitié de la population de cet Etat vit à Anchorage. C’est une ville jeune et prospère grâce à l’or noir ainsi qu’à ses activités militaires et au tourisme. Sa population y est jeune également et ne manque de rien car on gagne bien sa vie en Alaska et heureusement car l’on reste tout de même très éloigné de la Mère Patrie.

 

3098_anchorage.jpg


La ville est sympathique même si l’architecture n’a rien de particulier, si ce n’est quelques réussites d’édifices modernes voués au public (bibliothèque, théâtre…). Dans la ville, les hauteurs sont exclusivement réservées au monde administratif et au monde des affaires. C’est donc dans des rues aux immeubles bas et colorés que l’on peut user ses semelles. La ville est assez verdoyante et en tout cas très fleurie ; cela pendouille partout !

 

3089_anchorage.jpg


Le grizzli est le roi de la ville. On le trouve également partout : au sol, en l’air, de toutes les tailles, bref, on l’aime ici ! La couleur aussi est de mise dans la ville et le jaune pimpant est souvent de sorti. Cela donne une allure bien gaie à la cité.

 

Anchorage est une ville agréable, où les gens sont détendus et très chaleureux, nous y avons passé un très joli moment.

 

3090_anchorage.jpg


Après Anchorage, nous « chevauchons » sur la Seward Highway pour rejoindre le petit port de Seward dans la Péninsule de Kenai. Tout commence en contournant le Fjord « Turtagain Arm ». Difficile de faire vite sur cette route tellement belle. Nous avons beau temps avec un ciel parfois en bleu et blanc et à d’autres moments en gris et c’est en gris que nous avons les plus beaux paysages.

 

3398_seward_highway.jpg


Pour nos premiers paysages, l’océan s’en est allé et nous avons droit à des fonds vaseux qui nous offrent des couleurs et des dessins superbes.

 

3396_seward_highway.jpg


La montagne est là partout. Parfois bien sombre, parfois boisée, parfois bien blanche car les glaciers la chapotent, mais jamais très haute, juste ce qu’il faut pour retenir les nuages et donner ainsi plus de volume et de couleur au paysage.

 

3436_seward_highway.jpg


Dans les zones de marais, c’est peut être plus beau encore parce que plus chatoyant au niveau des couleurs. Le jaune s’occupe de l’herbe et la rend lumineuse, le vert s’attaque aux arbres et en fait des masses sombres qui s’éclaircissent pour les arbustes, le bleu se pavane dans ciel et le blanc y semble nonchalant, puis, la montagne parée de vert et blanc prend le plus d’espace et pour finir, il reste la couleur changeante de l’eau du marais toujours miroitante.

 

3420_seward_highway.jpg


Ces zones sont immenses et c’est pendant des kilomètres que nous avons d’aussi beaux paysages. Ici aussi, tout est empreint d’un grand calme, nous ne voyons pratiquement pas de voitures et pas de village. Nous faisons beaucoup de petites pauses sur cette route uniquement pour regarder le paysage, un peu comme si on avait peur de ne plus jamais rien voir d’aussi beau et d’aussi parfait. C’est d’ailleurs probablement plus la perfection que la beauté qui nous captive et nous retient.

 

3426_seward_highway.jpg


Ainsi nous arrivons au petit port de Seward. Quelle route merveilleuse, la Seward Highway.

 

Seward (3050 hab.)

 

Seward, qui ne s’en souvient pas ? C’est le Monsieur qui s’est entêté pour que les USA achètent l’Alaska. C’est ici qu’on lui rend hommage.

 

C’est la seule ville de la longue côte est de la Péninsule de Kenai. C’est avant tout un port et un port important car il est dans une zone très abritée et donc libre de glaces toute l’année.

 

Bien calée au fond de l’immense Fjord de Resurrection Bay, Seward séduit dès le premier regard et c’est sur son port qu’on le porte en premier. Ce port, déjà d’une bonne taille, ne manque pas d’embarcations diverses et jusqu’aux gros bateaux de croisière en passant par un grand nombre de bateaux de pêche.

 

3443_seward.jpg


Il faut dire que la première industrie de la ville c’est la pêche et elle est très importante dans cette zone très riche en poissons et crustacés. Seward tient la 7ème place la plus importante pour la l’industrie de la pêche aux USA. Ce n’est quand même pas mal pour cette petite cité.

 

L’autre grosse activité est le tourisme. Effectivement il y a du monde à Seward. Bien sûr, beaucoup viennent pour le magnifique Fjord de Kenai mais, beaucoup d’entre eux, ne viennent pas essentiellement pour y faire des excursions et admirer ses paysages, non, ils y viennent pour en ratisser les fonds à longueur de journée, car ils sont accrocs et accrocs à la pêche au gros !

 

3650_seward.jpg


ll suffit d’être sur le port le soir à partir de 17 H et de voir l’embouteillage des bateaux qui rentrent pour en être convaincu. Une fois tous rentrés et accostés, le spectacle commence. Chacun sort ses trophées, lesquels sont transportés dans la brouette et amenés sur un quai spécialement aménagé pour s’occuper du poisson. Et là, c’est superbe, de voir tous ces hommes si heureux et si joyeux, avec leur gros poisson dans les bras comme si c’était leur bébé et les sourires pour les photos témoignent de leur grand bonheur. Tous ces « gros durs à cuire », étaient vraiment très touchants. C’est ça aussi Seward. (et nous avons été nuls sur ce coup là car la photo est ratée…).

 

3441_seward.jpg


Bon nombre de tous ces pêcheurs, sont venus avec leur camping-car et leur bateau, soit du continent américain, soit du Canada. Alors, tous ces camping-cars, plus ceux des gens comme nous, il faut leur trouver de la place et on peut dire que là il n’y a rien d’original car ils sont tous parqués les uns collés aux autres derrière le port et c’est un long, très long ruban de camping-cars ; c’est pas heureux du tout. -

 

3456_seward.jpg


Nous, nous sommes venus ici, pour faire la visite du Parc National des Fjords de Kenai. Alors on y va !

 

La grande particularité de ce parc national, c’est qu’il est exclusivement marin. Cet immense parc de 232 000 hectares a été crée en 1980. Il est encore loin d’être complètement exploré et bien des endroits (canyons, glaciers) n’ont pas encore de nom.

 

3478_kenai_fjord.jpg 

Ce parc est une des mines d’or de la nature : 40 glaciers, des fjords, des baies, des ilots rocheux, tous offrant de magnifiques paysages. Pour la faune ce n’est pas mal non plus : baleines, phoques, marsouins, otaries, lions de mer, loutres de mer, pingouins, etc… et une vingtaine d’espèces d’oiseaux.

 

3553_kenai_fjord.jpg

 

Alors, pour voir tous ces trésors de près, de plus près même, nous embarquons pour une journée sur un petit bateau de croisière. Le ciel n’est pas d’un grand bleu pur, c’est très bien, nous aurons du contraste dans nos paysages ! Incroyable de dire une chose pareille, mais c’est tellement vrai que le gris va si bien à l’Alaska.

 

A peine, avons nous quitté le port, que déjà des loutres de mer espiègles, nous font un spectacle de nage sur le dos. Ces petites bêtes sons mignonnes comme tout. Quand elles sont deux, elles se font des petits « mamours » et parfois même, applaudissent bruyamment… bien sûr, c’est nous qu’elles applaudissent et personne n’en doute d’ailleurs !

 

Si les animaux nous accaparent bien sur le parcours, les paysages sont tout autant captivants. Nous naviguons parfois au plus près des parois et nous pouvons ainsi admirer les oiseaux sur les falaises, notamment les beaux macareux. Nous adorons cet oiseau, noir derrière et blanc devant, pas très gros, mais à la tête un peu étrange avec un très gros bec court, orange comme ses pattes, et un collier noir.

 

3581_kenai_fjord.jpg

 

Puis vient le tour de nos préférés, les lions de mer, qui nous font leur « cinéma ». Et, effectivement, cela ne manque pas et c’est : on se fait des bisous, on se crie dessus, on se gratte, on s’étire et puis on snobe les passants ou alors on reste endormi. Ces jolies petites bêtes, nous en avons vues beaucoup sur ce parcours et c’était toujours la « chanson du plaisir ».

 

3508_kenai_fjord.jpg

 

Quand nous sommes au plus près des montagnes nous pouvons aussi parfois voir le bel aigle noir à tête blanche.

 

Et puis, il y a les baleines et nous avons été gâtés car nous en avons eues beaucoup sur notre parcours, mais à chaque fois seulement un bout : ici la queue, là, le dos, là encore, le souffle ou là-bas, tout un groupe d’oiseaux installés sur le dos d’une baleine en train de picorer. A la afin, nous ne les photographions même plus et c’est tellement mieux de n’avoir qu’à les regarder.

 

35973613.jpg

 

Nous découvrons finalement le monde animal très peu de temps après notre départ et il sera présent tout au long de la journée.

 

Les glaciers, se feront attendre un peu. Notre parcours est vraiment très beau et plus encore quand le fjord se rétrécie et qu’au beau milieu de ces rétrécissements viennent s’installer de jolis ilots rocheux verdoyants qui laissent tout juste ce qu’il faut comme place pour que le bateau puisse passer.

 

3585_kenai_fjord.jpg


Et c’est la ronde des glaciers, et il y a ceux qui s’installent dans le fjord, les plus beaux, ceux qui s’arrêtent un peu ou qui ont fondu, ceux qui ne sont plus que sur les crêtes mais bien épais, certains ont de la surface, d’autres sont comme des assemblages de confettis sur la montagne, peu importe tous sont beaux et quand ils affichent le bleu, c’est magique !

 

3546_kenai_fjord.jpg

 

Le retour n’a pas été moins intéressant que l’aller. Les paysages étaient tout aussi éblouissants et la faune toujours aussi captivante. Nous avons passé une merveilleuse journée dans ce fjord où le temps nous a semblé vraiment très court.

 

3561_kenai_fjord.jpg

 

Après une journée de cette nature, on a toujours le sentiment de descendre de notre tapis volant tant on s’est cru, un moment, au Royaume des Mille et Une Nuits.

 

1594_tapis_volant.jpg


Mais ça y est, nous sommes descendus de notre tapis et « voguons au fil du macadam » sur la Sterling Highway. En voilà une route qu’elle est belle aussi avec tout ce qu’il faut pour éblouir : montagnes, glaciers, marais, fleuve et tellement de fleurs sur le bord de la route et, en prime, un grizzli qui traverse devant nous !

 

Dans la rivière, il y a foule, alors on s’arrête et c’est pas croyable de voir tous ces accrocs à la pêche. On s’est approché d’eux et beaucoup avaient déjà quelques saumons dans leur seau, pauvres saumons…. C’est bientôt qu’on vous fait sortir vos mouchoirs avec nos saumons. C’est bon le suspens !

 

3681_sterling_highway.jpg


« De fil en hameçon » nous finissons par arriver dans la petite ville de Homer et on ne peut pas rater l’entrée de la ville car le « Welcome » est de taille et honneur aux ours et aux aigles à tête blanche, les deux emblèmes de la ville.

 

Et puis, avant d’entrer en ville, pourquoi ne pas s’arrêter manger une glace ? Impossible de rater la boutique du marchand de glaces, en plein carrefour, visible des quatre directions et pas de problème de stationnement, alors ce serait dommage de ne pas se faire quelques calories en plus qui ne se verront même pas dans la masse… (C’est très méchant çà le Scribe).

 

37043702.jpg


Homer (5 500 hab. environ)

 

C’est l’or qui amena ici un certain Homer Pennock dans les années 1890. Il en trouva bien peu mais cela lui permit de se faire connaître et ainsi donner son nom à la ville. Alors, que faire dans cette localité loin de tout mais très bien située dans la péninsule, parce que bien abritée ? Eh bien, tout simplement profiter de la mer et de ses richesses. Aujourd’hui, Homer est la « Mecque » de la pêche aussi bien commerciale que privée, tant en mer qu’en rivière.

 

4460a_petersburg.jpg

 

Elle est la capitale mondiale de la pêche au flétan. D’ailleurs, saumons et flétans y atteignent des records de poids époustouflants. Ici on a péché des saumons de plus de 40 kilos et des flétans de plus de 200 kilos, édifiant, non ? Cela aide à comprendre pourquoi cette petite ville est le paradis des pêcheurs accrocs au gros.

 

La forêt aussi nourrit son monde à Homer.

 

3698_homer.jpg

 

La ville est en deux parties : la ville haute et le Spit. La ville haute ne présente pas beaucoup d’intérêt, la mer n’y est pas ! Le Spit, par contre, mérite qu’on s’y attarde un peu et c’est loin d’être une corvée. Le Spit, moraine terminale d’un ancien glacier, est une longue langue de terre, très étroite, telle une digue, qui s’infiltre et s’étire dans la baie à n’en finir qu’au bout de 8 kilomètres est un bonheur pour le touriste curieux et marcheur et quand l’aigle à tête blanche y fait une pose, on entendrait pas une mouche voler…

 

4075_juneau.jpg

 

L’attraction principale du Spit c’est bien sûr son port où les classiques bateaux pour la pêche au gros sont légion et ici pas de place pour les frimeurs avec leur « yacht de pêche » à étages. Ici la pêche c’est du sérieux avec du matériel qui tient le coup et qui n’a pas forcément besoin d’épater la galerie. Les pêcheurs individuels sont vraiment nombreux, viennent de loin et sont si fiers d’eux quand ils ont à leurs pieds le fruit de leur pêche qui n’est jamais insignifiant.

 

3686_homer.jpg

 

Il y a le port principal, mais les endroits pour accoster ne manquent pas tout au long de cette langue de terre et donc un peu partout on peut voir débarquer des casiers de poissons. Là où les pêcheurs accostent les bateaux, tréteaux et planches sont déjà installés sur le trottoir et très vite les poissons sont pris en mains et transformés en filets à la vitesse grand V.

 

3688_homer.jpg

 

Ce Spit c’est aussi de charmantes maisons de bois de plein pied du côté éloigné de la mer et de l’autre côté, à ras la mer, ce sont des maisons sur pilotis, bien colorées. Un peu de commerces aussi sur ce Spit, mais rien de très important mais tout de même ciblé pêche. Cet endroit, bien que très touristique, est vraiment différent des autres, probablement parce que sa principale activité touristique est essentiellement la pêche sportive.

 

3691_homer.jpg

 

Homer c’est aussi de très longues plages, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas avec ses plages aux eaux glaciales qu’elle va attirer des touristes. Encore que, avec un bon Kway, la balade est bien vivifiante et on en sort avec des joues « made in Normandie » !

 

 3689_homer.jpg

 

Homer, c’est un coup de cœur pour nous !

 

D’Homer nous devons repasser par Anchorage pour la suite de notre programme. Ce n’est que du plaisir puisque nous devons à nouveau emprunter la Seward Highway. Elle est encore plus belle qu’on vous l’a dit plus haut.

 

A Anchorage, nous bifurquons sur la Glenn Highway en direction de Haines sur la baie de Chilkoot.

 

La Glenn Highway : su-bli-me…

 

Elle commence par nous la jouer en gris. Mais quels gris, ils y sont tous et certains sont si lumineux qu’ils finissent par donner de la lumière à ceux qui ne le sont pas. C’est absolument majestueux.

 

Ces gris vont bien aux montagnes et renforcent leurs traits. Pour que cela change, il suffit qu’une rivière vienne se glisser dans le paysage comme le fait la Matanuska River. On ne peut pas vraiment dire qu’elle opte pour le gris mais elle opte à coup sûr pour le sombre qui lui va bien d’ailleurs. Cela lui donne un air endormi et même serein et elle est tellement calme, probablement parce c’est l’été. De même, tous les troncs d’arbres dans le lit semblent s’être arrêtés pour ne pas déranger le paysage, mais au contraire pour l’embellir. De bas en haut de la photo ci-dessous on ne peut qu’admirer le savant fondu enchaîné des couleurs de la nature. C’est vraiment très difficile de lâcher du regard de tels paysages.

 

3732_glenn_highway.jpg


La Glenn Highway a plus d’un tour dans sa poche et comme par magie elle nous sort une autre gamme de couleurs d’où, bien sûr, le gris n’est pas absent. Et c’est vrai, qu’une petite touche de bleu dans le ciel par laquelle les rayons du soleil en profitent pour donner de l’éclat au vert des alpages ne gâte rien.

 

3736_glenn_highway.jpg


Il manquait les glaciers et ils arrivent. D’abord ce sont des barrières de glace qui bouchent notre horizon et plus on s’en approche et plus c’est beau, mais il faut des kilomètres pour bien apprécier en détail. Mais les détails on ne les aura pas toujours et surtout pas quand d’énormes nuages blanc-gris décident de coiffer le glacier et qu’il devient difficile de fixer les limites de l’un et de l’autre. Mais c’est très beau.

 

3769_glenn_highway.jpg


Quand il s’agit de langues glacières qui descendent presque jusqu’à ras la route, le gris est souvent sévère, mais cela ne dure pas. Avec de nouveaux massifs ce sont de nouvelles couleurs, de nouvelles rivières, de nouveaux marais, de nouvelles forêts, de nouvelles fleurs, deux dames orignal, et puis, et puis, tant d’autres merveilles….

 

3779_glenn_highway.jpg


Après deux jours de routes magnifiques, on le sait on se répète mais on n’hésite pas à le dire encore, les routes d’Alaska n’ont que de merveilleux paysages à offrir et il y a vraiment quelque chose d’envoutant sur ces routes et, ainsi envoûtés, nous arrivons à Haines.

 

3775_glenn_highway.jpg


Haines (2300 hab.)

 

L’or et le cinéma ont sorti cette petite ville de l’ombre. Du coup, aujourd’hui, Haines affiche un coté far west qui fait figure de décor de cinéma.

 

C’est une petite ville, certes, mais c’est une grande coquette ! Dès qu’on y entre on s’en rend compte. C’est à la maison qui sera la mieux fleurie, à la boutique qui aura le plus d’humour pour afficher sa spécialité et le cordonnier avec son marteau ne passe pas inaperçu. Le bar, tout en rouge, et la boulangerie, tout en rouge également, mais elle s’empare de l’ours pour le décor. Franchement, cela dégage de l’ambiance et du tempérament.

  3948_haines.jpg

 

Mais, ce qu’il y a de plus beau à Haines c’est la couleur de l’océan qui avec la fonte des glaciers prend la couleur des rivières glacières : le vert laiteux lequel donne tout l’éclat au paysage en mettant bien en relief un ciel menaçant.

 

3886_haines.jpg


Les environs de la ville sont aussi chargés d’attraits avec notamment des glaciers et toute une collection de jolies baies. Hélas, on doit quand même dire que le temps ici a été plus que maussade… Nous sommes venus dans cette ville, car c’est d’ici que nous allons embarquer, d’abord pour Skagway et ensuite pour le fameux « Passage Intérieur ».

 

A Haines, nous avons vu un grizzli en train de pécher dans la rivière, un ours brun qui traversait la rue à l’entrée du village pendant que nous prenions notre petit déjeuner et encore une dame orignal, bien timide.

 

Ici, on tue les ours, dans le journal local nous avons lu que 9 ours avaient été tués dans la semaine. Nous avons rencontré un homme avec son fils de 3 ou 4 ans qui sortait de la forêt alors que nous y entrions, il affichait haut et clair son beau et gros revolver à la ceinture. Pourquoi pas ? Mais, est-il raisonnable de s’engager dans la forêt avec un petit enfant -revolver ou pas- quand on sait que les ours y sont ?

 

On ne vous racontera pas le trajet bateau de Haines à Skagway sur le magnifique Canal Lynn… Ce jour-là, l’Alaska nous a fait une colère NOIRE inénarrable… mais lumineuse… et l’eau d’un vert laiteux !

 

4061_lynn_canal.jpg


Skagway (870 hab).

 

Cette petite localité peuplée des Indiens Tingit, pratiquement depuis la préhistoire aux années 1850 vivait paisiblement. Ces Indiens, que la pêche et la chasse faisaient vivre, avaient su développer un réseau commercial avec d’autres groupes de la côte et de l’intérieur du pays. Autrement dit, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

4046_skagway.jpg


Et puis, patatras, voilà que Skagway devient la porte d’entrée du Klondike où la ruée vers l’or faisait fureur. Tous ces gens qui remontaient des USA pour profiter des filons s’arrêtaient ici et pour deux raisons : ceux qui restaient ici un moment en attendant que la saison soit bonne pour finir le trajet et ceux qui comprirent qu’ils 4052a_skagway.jpgpourraient faire d’aussi bonnes affaires en restant à Skagway et en approvisionnant les futurs chercheurs d’or mais aussi en les « plumant ». Alors, on ouvrit des boutiques, des hôtels, des cafés, des casinos, des cabarets et bordels, etc… Au plus fort de la vague, la ville comptait 30 000 habitants. Bref, cela devint le grand bazar. Les Indiens s’enfuirent, la ville perdit sa foi et ses lois tant les escrocs en tous genres y sévissaient. 

 

 

 

L’armée et la police ne parvinrent guère, malgré leurs efforts, à vaincre tout cela. Mais tout se calma quand même et plutôt vite. Eh oui, le filon s’épuisa et d’autres rumeurs sur un autre endroit beaucoup plus riche circulaient dans la place. Il n’en fallu pas plus pour que Skagway redevienne une paisible (ou presque) localité. 

 

Et aujourd’hui, eh bien pas vraiment grand monde à Skagway si c’est la saison creuse. Par contre, pendant la saison touristique c’est la foule. Skagway reçoit près de 1 million de visiteurs chaque année et essentiellement les visiteurs des bateaux de croisières.

 

3971_skagway.jpg


Comme dans les autres villes que nous avons pu voir où l’or a apporté la notoriété à la ville, Skagway cultive ce passé avec maestria et on peut même dire avec amour et humour ! Ca sent le Far West à plein nez partout, partout ! C’est plaisant !

 

Beaucoup de bâtiments anciens sont encore debout et ont belle allure. Mais ce n’est pas suffisant, alors on rajoute les calèches et c’est vrai qu’elles vont bien à cette ville et qu’il est agréable de les entendre résonner dans les rues. Dans les moyens de transport, un passé plus présent est là aussi avec d’anciennes berlines des années 50 bichonnées, astiquées, bref, prêtes pour nous emmener faire un tour si on le souhaite. Toujours dans les transports, l’on peut voir également vieille locomotive et bus anciens.

 

39803997.jpg 


A Skagway c’est presque comme à St Trop au 14 juillet : on se marcherait presque dessus. Il faut dire que le jour de notre visite il y a trois gros bateaux de croisières dans le port et ces bateaux peuvent contenir jusqu’à 10 000 passagers.

 

Beaucoup, beaucoup de magasins pour tous ces touristes, génération cheveux blancs, qui ne peuvent être que Papy ou Mamy et qui du coup ne manqueront pas de faire des cadeaux aux enfants et petits enfants. Ca marche, c’est sûr, ceux qui ne sont pas sur les trottoirs sont dans les boutiques le porte-monnaie à la main. Les bijoux et les fourrures ont la vedette.

 

3996_skagway.jpg


Elles sont très belles ces rues à l’architecture Far West, mais aux noms un peu pompeux tout de même : Broadway Avenue, 5ème Avenue et autres, mais pas les Champs Elysées !

 

3988_skagway.jpg


Pour prendre un pot, rien de mieux que le « Red Onion Saloon », bordel ouvert en 1898, mais devenu le café « surtout à ne pas manquer » de la ville. On aurait bien voulu car tout y est : les serveurs en costumes d’époque, le décor, la musique, seulement se trouver une place… Inimaginable, on n’a pas pu prendre un pot ! Nous y avons apprécié les photos d’autrefois.

 

Après la ville, nous nous sommes attaqués à la colline pour voir de quoi la ville et son port ont l’air vus d’en haut. Et, c’est très beau et nous n’avons pas rencontré d’ours.

 

4053_skagway.jpg


En chemin, nous avons fait une halte au vieux cimetière. Il est assez poignant. Toutes les personnes identifiées enterrées ici étaient très jeunes, entre 24 et 33 ans. Pour ainsi dire pas de femme. Un grand nombre de tombes sont anonymes.

 

40204021.jpg


Skagway, on s’y est amusé, on y a déliré et tellement tout ça que l’on ne sait même pas quel temps on y a eu ! On a tout simplement aimé cette ville qui engendre la gaité et c’est le cœur léger que nous reprenons notre bateau pour retrouver Jules à Haines. Sur le Canal Lynn, l’Alaska était toujours très, très en colère…

 

4066_lynn_canal.jpg


La suite du voyage va être un grand moment : le Passage Intérieur.

 

Le Passage Intérieur est une voie maritime qui longe la côte du Pacifique au sud-est de l’Alaska et à l’ouest de la Colombie Britannique sur près de 900 kilomètres. Dans sa plus grande largeur, ce « couloir » atteint 150 kilomètres. Dans ce passage îles et îlots sont de plus d’un millier. Lesquels abritent bien cette voie maritime sur laquelle on a plus l’impression de naviguer sur un lac que sur un océan. Et pour finir, le Passage Intérieur c’est également 24 000 kilomètres de côtes très découpées par plusieurs milliers de baies, d’anses et de fjords.

 

0001d_le_passage_interieur.jpg


C’est une zone très isolée du pays où l’eau et les glaciers sont les maîtres des lieux. C’est encore le monde de la nature intacte. Si les animaux y sont très nombreux, la population n’est que d’environ 71 000 habitants installés essentiellement dans les cinq plus grandes villes. 20 % de cette population est améridienne (Tingit, HaÏda et Tsimshian). La seule façon donc de découvrir cette région c’est le bateau.

 

3647_kenai_fjord.jpg

 

Nous avons organisé notre circuit au départ de Haines. Il durera 11 jours avec arrêt et séjour à Juneau, à Sitka (île de Baranof), à Petersburg (île de Mitkof), à Ketchikan (île de Revillagigedo) et notre terminus sera à Prince Rupert au Canada.

 

Pas de chance, mais notre premier jour de traversée n’a pas été terrible, terrible, alors passons tout de suite à Juneau ! C’était une petite traversée de 4H30.

 

4178_de_juneau__sitka.jpg


Juneau (31 500 hab).

 

Juneau, une autre ville née de la prospection aurifère dans les années 1880. Dans cette région il n’y eut pas plus d’or que dans les autres en Alaska, mais c’est ici que l’on trouva de l’or à forte concentration.

 

Il n’en fallu pas plus pour qu’un nouveau village naisse et devienne rapidement une petite ville. Plus on trouva de filons et plus le village prenait de l’importance et hôtels, saloons, magasins en tout genre, écoles, hôpital et même opéra virent le jour.

 

Et, en 1906, Juneau devient la capitale politique de l’Etat d’Alaska. Ce rôle lui est ardemment envié notamment dans la région d’Anchorage. Il faut dire qu’effectivement Juneau est dans une situation géographique quelque peu embarrassante pour une capitale d’état.

 

En effet, Juneau est située au fond du Gastineau fjord, entourée de glaciers sur trois côtés et dominée par le Mont Juneau (1394 mètres) couvert de neiges éternelles. Elle est inaccessible par la route et l’on ne peut donc s’y rendre qu’en avion ou en bateau ; heureusement, son port est libre de glaces toute l’année.

 

4179_de_juneau__sitka.jpg


Juneau, ville agréable, que l’on aime ici à l’appeler « Little San Francisco » pour son élégance et ses collines. La culture far west lui colle tout de même un peu à la peau.

 

Quand on arrive comme nous à Juneau par bateau, on a tout de suite le sentiment d’arriver dans une ville énorme tant il y a de monde partout et de voitures. En longeant le port, très vite on aperçoit des sortes de gigantesques bâtiments et l’on se demande pourquoi avoir construit de si grands immeubles à cet endroit du port ? Très vite on comprend qu’en fait ce sont d’énormes bateaux de croisières qui ont leur place sur les quais dans le cœur de la ville et dans un petit port. Cela gâche un peu, l’environnement du port est si beau, mais bon, les bateaux aussi sont beaux ; il y en avait quatre dans le port.

 

4147_juneau.jpg


Bien sûr, on commence notre tournée par la rue la plus toutou de la ville : Franklin Street et toutes les petites rues qui débouchent dedans. C’est boutique contre boutique. Le passé russe se manifeste avec des magasins qui ne vendent que des poupées russes en bois laqué et autres objets de la même matière. Les chapkas sont aussi à l’honneur chez les fourreurs. Ensuite ce sont les bijoutiers qui tiennent le pavé et il y en a. L’endroit est très agréable, folklorique et joyeux.

 

4168_juneau.jpg


Le reste de la ville, hors zone touristique, est plaisant mais sans plus d’intérêt. Le centre donne à penser qu’il a été bâti avec des jeux de construction tant c’est cubique. Au hasard de notre promenade nous aurons droit à un petit quartier sur pilotis, une minuscule église orthodoxe, quelques sculptures dont une parfaitement réussie d’un ours avec son saumon ; elle a été réalisée par un autochtone. Plus loin du centre, ce seront des rues bordées de maisons traditionnelles en bois.

 

41584153.jpg

 

4163_juneau.jpg 

Nous ne manquons pas de faire un tour au Red Dog Saloon où le décor de la belle époque fait fureur et tout y est : la porte à double battants, les cornes à profusion, les têtes à cornes et sans cornes empaillées à profusion également, les fusils et révolvers accrochés au mur, les chopes qui pendent là où il y a de la place, des milliers de cartes de visites collées un peu partout, pareil pour les casquettes et on colle aussi au plafond si nécessaire, et il y a la musique qui faut, la pénombre qui va avec, la bière qui coule à flot et, bien sûr, le cigare, la pipe et la cigarette sont de rigueur… où es-tu Chéri ?

 

4140_juneau.jpg


Nous n’avons pas manqué non plus d’aller visiter le Musée d’Etat***… Les « Totemmeries » cela commence à nous gonfler Martine...

 

4068_juneau.jpg


Mais l’atout de Juneau c’est avant tout son glacier « Mendenhall » situé à environ 20 kilomètres de la ville.

 

Heureusement, le temps change un peu et nous sommes moins avec le noir. Tout doucement les fameux gris « ensoleillés » d’Alaska reviennent. C’est encore timide mais la lumière retrouve son chemin dans la masse nuageuse, l’eau retrouve ses reflets et ses ombres, le doré des prairies retrouve son insolence, tout cela est de bon augure pour la visite du glacier.

 

4119_juneau.jpg


Mendenhall c’est de la glace sur 19 kilomètres de long, 2,9 kilomètres de large et 30 mètres de haut. Il se jette dans un petit lac, lequel est parsemé de petits icebergs.

 

4088_juneau.jpg


Ce glacier régresse un peu chaque année, comme les autres un peu partout dans le monde. De chaque côté de la langue glacière une cascade jaillit dans le lac ; l’une boueuse et courte l’autre bien haute et blanche mousseuse ; les deux sont violentes.

 

4109_juneau.jpg


Sur le lac, la lumière est jolie, mais sur le glacier dominé par des montagnes de 1500 mètres, ces « pauvres » nuages se retrouvent coincés et voilà le tableau ! (photo).


4113_juneau.jpg


Peut-être était-ce un peu sombre, mais c’était tout de même bien beau et quel environnement !

 

La prochaine étape est Sitka, dans l’île de Baronof, pour l’atteindre 9 heures de ferry.

 

Dès de départ, nous avons les yeux rivés sur les belles cimes enneigées de Juneau et elles seront longtemps présentes dans le paysage et d’autre s’y ajoutent ainsi que des glaciers. Dans ce Passage Intérieur la montagne est présente partout. Pas vraiment très haute, de 900 à 1500 mètres, mais toujours très belle et souvent parsemés de blanc, jamais régulière et l’on y trouve tous les profils : cimes pointues, massifs arrondis, le grand désordre aussi. Les paysages sont absolument merveilleux, franchement envoûtants, mais tellement difficiles à décrire.

 

4179_de_juneau__sitka.jpg


Plus on avance dans ce Passage Intérieur et plus les îles et îlots sont présents et se succèdent pendant des miles et des miles. Evidemment, parfois cela ralentit considérablement la vitesse du bateau tant les virages sont raides ou parce que il ne lui reste plus qu’un étroit couloir pour passer. Dans tous les cas, quel spectacle ! A d’autres moments, c’est carrément du slalom que le bateau doit faire. Ces îles sont abondamment boisées, quand elles sont petites, elles sont le plus souvent rondes. Les plus grandes ont tendance à avoir des formes ovoïdes se terminant en pointe et s’y ajoutent presque toujours quelques minuscules îlots. Si petits soient ces îlots, ils sont, eux aussi, toujours boisés.

 

4220_de_juneau__sitka.jpg


Cette traversée a vraiment été magnifique et, à l’arrivée à Sitka, nous avons eu droit à un « nid » d’îles et ilots. Vraiment, il y en avait partout et les gros bateaux mettent un temps fou pour arriver au port. Mais quelle belle arrivée.

 

4252_sitka.jpg


Sitka (Ile de Baranof) (9000 hab., environ)

 

C’est Sitka que choisirent les Russes pour devenir leur capitale de la Russie d’Amérique. Quand les Russes furent partis, elle devint la capitale de l’Etat d’Alaska et le resta jusqu’en 1906. A l’époque, elle était surnommée « le Paris du Pacifique ».

 

Sitka est considérée comme la plus belle des villes du Sud-Est de l’Alaska. Elle est nichée sur la côte ouest de l’île, elle est dominée à l’est par de magnifiques montagnes aux neiges éternelles et à l’ouest, le Pacifique où grouillent les îles et ilots.

 

Les ilots le plus près de la côte, c’est-à-dire très près, sont souvent habités par une ou deux maisons. Ces maisons sont généralement recouvertes de bois peint et sont construites sur pilotis. Cela fait un très joli décor qui ne manque pas d’être capté par les eaux miroitantes de l’océan.

 

4246_sitka.jpg


La ville est vraiment belle. Elle est en grande partie située au bord de l’eau et on a l’impression qu’elle a été posée là, devant un tableau. Son environnement est grandiose. Nous n’avons pas vraiment du grand beau temps, mais nous avons eu un temps particulièrement lumineux et c’est comme ça que l’on aime l’Alaska !

 

4245_sitka.jpg


Le passé russe de la ville est plus important ici qu’ailleurs. Bien sûr, il y a toujours, et plus encore ici, les marchands de babioles russes, de fourrures, etc…, mais il y a surtout des églises orthodoxes et un musée pour retracer le passé. On peut aussi se promener sur la colline où était installé le palais du Gouverneur Russe : Baranof. Il ne reste rien du palais qui a été incendié, mais il y a encore quelques canons et surtout de magnifiques paysages sur la ville et sur la baie…

 

4272_sitka.jpg


Outre le port principal, on peut trouver dans différents endroits des minis ports et qu’ils sont beaux. On trouve la même chose pour les hydravions. Parfois, les maisons isolées ont à la fois leur bateau et leur hydravion.

 

4244_sitka.jpg


Dans une partie de la forêt autour de Sitka, sont exposés des totems « anciens » (c’est vrai, la peinture semblait sèche – mais que c’est méchant…) et l’on nous dit que la promenade est belle. Alors, nous y allons, mais finalement, nous ne verrons pas beaucoup de ces totems impressionnants par la taille car les ours sont de sortie et les rangers ne veulent pas que les toutous aillent très loin. Cela nous a suffit, mais c’était très agréable de voir ces totems dans la forêt au beau milieu des grands arbres. Ils y sont plus mis en valeur.

 

42994301.jpg


C’est fini pour cette île si belle et sa ville de Sitka merveilleuse. La prochaine destination c’est Petersburg et nous y serons après 10 heures de traversée.

 

Allez, un petit bras de mer avant de partir !

 

4269_sitka.jpg


Petersburg (île de Mitkof) - 3500 hab. 

 

Nous avons eu une très belle traversée et à l’approche de Petersburg nous avons eu, pour un moment, le grand bleu. Là encore, notre parcours a été semé d’îles et de passages très étroits. Nous avons notamment emprunté les Wrangell Narrows, passages longs d’environ 35 kilomètres et larges seulement de 90 mètres et, tels des fleuves, ils n’arrêtent pas de faire des lacets. C’était vraiment très impressionnant de naviguer dans cet endroit, mais c’était vraiment magnifique. Quelle lumière sur l’océan. Les gros bateaux de croisière ne peuvent pas passer ici.

 

4417_petersburg.jpg


Petersburg est vraiment très différente des autres villes et des autres îles. Comme les bateaux de croisière ne peuvent pas y venir, il n’y a pas beaucoup de touristes et nous n’en avons pas vus.

 

C’est une petite ville toute simple mais le charme y est. C’est l’île où la population amérindienne est la plus importante, mais finalement on ne la voit pas beaucoup car elle vit dans des petits hameaux le long des côtes, lesquels ne sont accessibles que par bateau.

 

C’est toujours la même architecture avec ces jolies maisons sur pilotis qui se reflètent à qui mieux mieux dans l’océan. C’est peut être un peu moins bien organisé que dans les autres îles, mais il n’est pas difficile de se rendre compte que les moyens ne sont pas les mêmes ici. Dans cette île on a peine à croire que l’on se trouve dans la riche et puissante Amérique.

 

4459_petersburg.jpg


Son port, principalement de pêche, est légèrement à l’écart de la cité. Il y a moins de bateaux que dans les autres îles et pas un seul bateau « frimeur ». Le temps nous boude quelque peu, mais il y a juste ce qu’il faut de lumière pour nimber ce port d’une belle clarté et comme il faut peu de lumière en Alaska pour donner de la profondeur au paysage, c’est parfait.

 

La pêche est importante dans l’île, c’est même son activité principale et ce petit port de pêche est classé 7ème par ordre d’importance pour l’ensemble des Etats-Unis. Le passage Intérieur est particulièrement riche de poissons et crustacés.

 

4446_petersburg.jpg


A Petersburg nous avons pu faire une très longue promenade avec Jules car il y a une route de plus de 60 kilomètres et nous l’avons parcourue en entier. Tout au long du trajet cela n’a été que magnifiques paysages rutilants de lumière. Nous avons pu suivre un moment les Wrangell Narrows et cela a été l’apothéose de notre voyage dans cette île. Le ciel, l’océan, les montagnes et la nature, nous ont servit des cocktails de paysages en n’en plus finir sans jamais nous saouler.

 

44054404.jpg


Petersburg est une très belle île, plus sauvage encore que les autres et nos rencontres dans nos promenades à pieds dans les belles forêts humides marécageuses, ont été des rencontres avec des pêcheurs à la ligne ou des chasseurs. On avait l’impression d’être dans une bourgade reculée de nos provinces françaises.

 

4371_petersburg.jpg


Nous quittons Petersburg pour Ketchikan dans l’île de Revillagigedo. La traversée est de 12 heures. Nous avons fait cette traversée de nuit, alors on ne peut que vous dire que nous avons très bien dormi ! Quel plaisir au petit matin d’ouvrir les yeux sur un paysage d’océan paisible où de petits îlots semblent flotter.

 

4488_ketchikan.jpg


Ketchican

 

Quelle grande ville, plus de 15 000 habitants, d’ailleurs, c’est la quatrième ville de l’Etat d’Alaska par la population.

 

La ville à un très joli look vue de la mer. Elle est flanquée et étagée contre la montagne tout en léchant l’océan. Par contre, elle n’a pas une des plus belle réputation puisque l’on dit que c’est la « capitale mondiale de la pluie », mais les gens sont mauvaise langue… Surtout, ne pas y venir en Mars car il y pleut 26 ou 27 jours dans le mois. Nos premiers instants dans la ville ont été plutôt ensoleillés…

 

4490_ketchikan.jpg


Ketchikan est très touristique et le tourisme est d’ailleurs sa première activité économique. Les bateaux de croisière y viennent et avec eux la ville accueille plus de 800 000 touristes par an. La seconde activité de l’île est la pêche et pas seulement en mer, puisque Ketchikan est la capitale mondiale du saumon, dit-on et affiche-t-on ici, mais la Norvège ne doit pas être d’accord !

 

4461_ketchikan.jpg


A Ketchikan, il y a la ville du bord de l’océan avec des constructions classiques. Puis vient le centre « toutous » dont une partie s’étend le long du port. Dans les rues et ruelles de ce centre, toujours les mêmes activités commerciales avec une importance plus marquée pour les bijoutiers. Toutes les pierres fines de la planète sont exposées ici et en très grand nombre. Ce sont principalement des Indiens et gens d’Asie du Sud-Est qui font ce commerce dans cette ville. Il y a vraiment un monde fou ici quand 3 ou 4 bateaux sont à quai.

 

4463_ketchikan.jpg


Pour nous, la partie la plus intéressante de la ville est celle qui longe la Ketchikan River et, dans cette zone, nous retrouvons les paysages urbains de maisons sur pilotis et ils ont un charme fou. Toutes ces maisons étaient autrefois des maisons closes. Aujourd’hui, restaurées, elles sont vouées principalement au commerce. C’est un très beau quartier. Ketchikan est probablement la plus belle des villes du Passage Intérieur, en tous cas, c’est la plus pittoresque.

 

4465_ketchikan.jpg


La campagne environnante de la ville est une incitation à la marche. Longer au plus près la côté très échancrée, dans la forêt ou pas, c’est partir à la découverte de ceux qui ont eu envie de s’isoler un peu pour mieux profiter de l’océan. On ne sait pas si on aimerait vivre ici, mais ce qui est sûr, ce que l’on aimerait beaucoup s’y installer quelques jours pour profiter de ces beaux endroits.

 

4480_ketchikan.jpg


Mais Ketchikan, on y vient pour la visite du « Misty Fjord National Monument ». Eh bien, on ne l’a pas visité car le temps est devenu très, très bouché. C’est une visite très chère qui se fait soit en bateau, soit en avion. Les nuages étaient tellement épais, sombres et si bas dans l’eau que cela ne valait pas la peine de tenter la visite.

 

Ce vilain temps était parfait pour rendre visite aux saumons dans la rivière. Et, puisque Ketchikan se dit la capitale mondiale du saumon, c’est ici que nous vous demandons de « préparer vos mouchoirs » tout comme au cinéma !

 

Il était une fois les saumons…

 

Dans les eaux du Pacifique, au moins au Canada et en Alaska, il y a 5 espèces de saumons. On ne va ni les énumérer, ni en donner les caractéristiques physiques, ce serait rasoir, mais tout simplement parler de leur remontée vers les lieux de fraie.

 

4461a_ketchikan.jpg

 

Dans beaucoup de rivières, et même dans de petits ruisseaux, au Canada et en Alaska nous avons pu voir le spectacle des saumons remontant la rivière. La première fois, nous nous sommes contentés de penser que c’était normal et qu’on été simplement devant une rivière très poissonneuse. Ce que c’est que la naïveté…

 

Ensuite, nous avons trouvé des plaquettes d’information dans les offices de tourisme et, du coup, on s’est sérieusement penché sur les saumons.

 

Dans cette région les saumons se reproduisent de Juin à Septembre/octobre et, c’est bien connu, les saumons reviennent toujours sur leurs lieux de naissance pour pondre leurs œufs.

 

4017_skagway.jpg

 

Il leur faudra nager pendant des centaines de kilomètres, parfois jusqu’à au moins 2000 kilomètres sur un parcours parsemé d’embûches.

 

Dès qu’ils entrent dans les eaux douces, les saumons ne se nourrissent plus et pourtant le plus dur restent à faire. La remontée de leur rivière est une redoutable épreuve. Le courant et les cascades de toutes tailles ne manquent pas. Ils sont capables de franchir des cascades de 3 mètres de haut. Et puis, il y a les ours qui comptent sur les saumons pour faire leur réserve de graisse pour l’hiver.

 

4316_sitka.jpg

 

Et nous, dans tout ça ? Eh bien, nous avons été tourneboulés en regardant attentivement, dans bien des rivières, et longtemps à la fois, la terrible « marche » des saumons vers leur lieu de fraie.

 

La remontée la plus hasardeuse nous a semblé être celle des petits ruisseaux. Dans ces endroits, le courant existe bien, ensuite le lit est souvent constitué de gros cailloux, l’eau y est très peu profonde, les saumons sont loin d’être recouverts par l’eau. Parfois, ils se mettent sur le côté pour mieux respirer et mieux avancer.

 

4016_skagway.jpg

 

Dans ces situations, on les sent complètement épuisés, au bout du rouleau, d'ailleurs nous voyons beaucoup de cadavres de saumons tout au long du ruisseau. On se rend compte aussi que ces pauvres bêtes ont subi beaucoup de transformation, leur peau est fine, plus d’écaille, plus de couleur uniforme mais des tâches colorées. Très franchement, le Scribe s’est souvent retenu de les aider. Cela aurait été facile, nous marchions le long du ruisseau.

 

Dans les rivières plus importantes, c’est le courant essentiellement qui semble le plus fatiguer le saumon. D’autant que dans ces rivières, il semble bien qu’il n’est pas de pause dans le courant. Alors, on peut le voir arriver le plus vite possible et avec force semble-t-il se jeter dans le tourbillon et là se faire renvoyer dans ses buts à la vitesse grand V. Pourtant, on se rend bien compte que le saumon a bien examiné son terrain et qu’effectivement il va vers la zone la moins profonde de la rivière, là où donc le courant est moins fort. Inlassablement, il recommence l’épreuve x fois et finit par passer. Mais c’est fou le temps qu’il faut au saumon dans ces rivières pour franchir ne serait-ce qu’une dizaine de mètres. D’ailleurs, la remontée de leur rivière peut durer plusieurs mois.

 

3682_sterling_highway.jpg

 

Quelle que soit la voie d’eau, il y a un monde fou dans les ruisseaux et rivières.

 

Quand enfin ils sont au plus près de leur zone de fraie, les mâles se sont transformés et affichent un physique au dos bossu ou la mâchoire crochue. Ces nouveaux attributs seront les moyens de défense en cas d’agression de la part d’autres mâles.

 

Et pour finir l’histoire, une fois sur les lieux de fraie, la femelle fait un trou pour y déposer ses œufs (environ 3500). Cette opération de « terrassement » de la femelle va attirer les mâles, lesquels ne se feront pas de cadeau pour avoir le droit de fertiliser ces œufs. Ensuite la femelle les recouvre du mieux possible, mais bien peu arriveront à maturité.

 

Et que c’est triste, environ deux semaines après la ponte, la femelle mourra et le mâle aussi quelques jours après.

 

Quant aux petits, ils naîtront au milieu du printemps et passeront les deux premiers mois de leur vie enfouis profondément dans les graviers de la rivière pour se protéger des courants, leur sac vitellin bien garni. Un mois plus tard, ils se hasarderont dans les courants et chasseront les insectes pour se nourrir. A la fin de l’été, ces larves seront devenues des alevins de 5 centimètres qui resteront dans la rivière entre 1 et 2 ans et c’est quand ils auront atteint la taille d’environ 15 centimètres qu’ils feront le grand saut vers le Pacifique. Il est probable que c’est à ce moment là que ces « mystérieux » saumons mémorisent l’odeur de leur rivière ce qui leur permettra d’y revenir à leur tour pour y pondre et y mourir.

 

4468_ketchikan.jpg

 

Le saumon du Pacifique ne fait qu’une fois le trajet vers l’océan. Le saumon de l’Atlantique, quant à lui, fait 3 à 4 traversées vers l’océan. La durée de vie des saumons, selon l’espèce, est de 3 à 8 ans.

 

4010_skagway.jpg

 

Nous n’avons pas pêché de saumon mais nous en avons mangé beaucoup et du très bon. Notre préféré est le saumon Sockeye ou saumon rouge. Il est absolument délicieux.

 

4243_sitka.jpg

 

Nous quittons Ketchikan pour Prince Rupert (Canada) et la durée de la traversée est de 6 heures.

 

Cette traversée a été semi-nocturne. Nous sommes arrivés à Prince Rupert à 2 heures du matin. Elle restera un moment magique de notre voyage dans le Passage Intérieur tant le coucher de soleil a été grandiose.

 

4500_le_passage_interieur.jpg


Nous n’avions encore jamais vu de telles couleurs pour un coucher de soleil. Cela passait du mauve au violet avec des alternances de rouge, d’oranger et de bleu. Ces couleurs, les unes après les autres, ou ensemble, s’affirmaient dans les tons foncés pour ensuite revenir aux tons plus clairs et ainsi de suite, et pour finir, toutes ces couleurs se reflétaient dans l’océan. C’était vraiment un coucher de soleil très particulier et si long. Il faut dire que dans ces régions où les jours sont si longs en été, les couchers de soleil n’en finissent pas de s’épanouir et de durer.

 

4506_le_passage_interieur.jpg


L’Alaska c’est fini… Elle est éblouissante ; elle l’est dans l’ombre, elle l’est dans la pénombre et ce sont ces deux éléments qui la servent le mieux. Jamais contrée dans le monde ne nous aura apporté autant de bonheur et de sérénité à regarder notre environnement et à le regarder le plus souvent de façon contemplative en ayant le sentiment de toujours vivre un moment intemporel.

 

3648_kenai_fjord.jpg

 

L’Alaska ne se regarde pas, elle se contemple…

 

4492a.jpg4492e.jpg4492f.jpg4492h.jpg4492k.jpg4492l.jpg4492m.jpg4492p.jpg

 

Les yeux de l’Alaska…

 

 

 

 

 

- - - - - - - 

 

 

 

 

N.B. Notre dernière étape en Alaska a été Hyder. On en trouve le récit dans le carnet de voyage Canada, page 7.

 



 
© 2012 Le voyage de Jules et Jim
Joomla! is Free Software released under the GNU/GPL License.